Le français aux USA

Sommaire :

Introduction 

I ) Le statut du français aux Etats-Unis et son paysage linguistique francophone 

1) Rang et importance de la langue française aux Etats-Unis

2) Les différentes variétés de français aux Etats-Unis

  1. a) Les variétés de langues parlées en Louisiane
  2. b) Le français de la Nouvelle-Angleterre
  3. c) Le français du Missouri

3) Les immigrés francophones récents

  1. II) La place du FLE et des langues dans le système éducatif américain 

1) Le système éducatif américain

2) L’enseignement du français langue étrangère

3) La perception des langues étrangères aux Etats-Unis

III) L’image du français et son importance dans le secteur privé 

1) L’image du français pour les Américains

  1. a) Les aspects négatifs du français
  2. b) Les aspects positifs du français

2) Le français en force dans le secteur éducatif privé et les Alliances Françaises

Conclusion générale

Annexes 

Bibliographie et sources

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Introduction :

La langue française et les Etats-Unis ont une histoire bien particulière. A première vue, on pourrait penser que le français ne fait pas partie du paysage linguistique américain. Et pourtant, l’histoire de ce grand pays inclut bel et bien des locuteurs francophones natifs à des endroits variés des Etats-Unis. La Louisiane, par exemple, est l’Etat le plus francophone du pays. Il a fait partie de l’Empire de Napoléon jusqu’en 1803, année où il a pris la décision, sans l’accord de l’Assemblée Nationale, de vendre ce territoire avec celui de la Nouvelle-Orléans pour un total de 15 millions de dollars. D’autres Etats des Etats-Unis possèdent également des communautés francophones issues de l’histoire. Il y existe, par conséquent, des variétés de français et des créoles que l’on ne trouve nulle part ailleurs dans le monde.

Mais malgré sa présence sur le territoire pour des raisons historiques, la langue française est principalement perçue comme une langue étrangère, voire exotique par la majorité de la population étatsunienne.

On pourrait se demander quel est le statut du français aux Etats-Unis et quelle est sa place dans l’enseignement des langues étrangères.

Pour répondre à cette question, nous allons nous intéresser au rang du français parmi toutes les langues parlées dans ce grand pays d’Amérique et nous allons également étudier ses différentes variétés linguistiques, conséquences d’une histoire compliquée sur cette terre d’accueil. Par la suite, nous allons nous concentrer sur la place de l’apprentissage du français en tant que langue étrangère dans le système d’éducation américain. Pour mieux appréhender cette place depuis ces dernières décennies, nous allons étudier le système éducatif des Etats-Unis et la situation de l’apprentissage des langues étrangères en général dans le pays. Enfin, nous allons étudier l’image de la langue française, nous allons nous intéresser à ses aspects négatifs puis à ses aspects positifs. Malgré sa place actuelle dans l’apprentissage des langues pour diverses raisons dont la perception des langues étrangères par les Américains et leurs institutions, nous allons voir que l’apprentissage du français conserve un succès certain, grâce à son image prestigieuse et la richesse de la culture qui est véhiculée par elle mais aussi grâce à une promotion active du français par ses professionnels aux Etats-Unis. Ainsi, nous verrons qu’il existe de grands gagnants qui profitent pleinement de l’image unique du français.

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  1. I) Le statut du français aux Etats-Unis et son paysage linguistique francophone :

1) Rang et importance de la langue française aux Etats-Unis :

La langue française est la quatrième langue la plus parlée aux Etats-Unis après l’anglais, l’espagnol et le chinois (quand on ne prend pas en compte toutes les variétés de chinois). Elle est donc considérée comme une langue minoritaire. Son léger enracinement dans le territoire américain est dû à des raisons historiques. Les Etats-Unis ayant été une terre d’accueil pour beaucoup d’immigrés venus de toute la planète. De nombreux Américains ont des ancêtres francophones. 10 804 304 personnes ont déclaré avoir des ancêtres de France mais aussi de Belgique, de Suisse, d’Haïti et des pays d’Afrique francophones.

Ce qui est intéressant avec ces mouvements de populations, c’est que, grâce à eux, les Etats-Unis ont des locuteurs qui parlent des variétés de français et des créoles bien spécifiques et uniques. Il existe la variété de Louisiane, de Nouvelle-Angleterre et du Missouri. De plus, comme de nombreuses personnes d’Haïti immigrent aux Etats-Unis, il faut aussi prendre en considération leur créole issu du mélange de leur langue locale et de la langue du colonisateur : le français.

2) Les différentes variétés de français aux Etats-Unis :

Le français est présent dans 15 comtés des Etats-Unis (annexe 1).

  1. a) Les variétés de langues parlées en Louisiane :

La Louisiane est l’Etat où réside le plus grand nombre de Francophones. Cet Etat, avant d’être américain, est devenu une colonie française en 1682. Au début, sa population est composée d’amérindiens, de Français et de Français venus de Nouvelle-France (actuellement Canada). La langue française a donc été une des langues fondatrices de cet Etat situé au bord du Golfe du Mexique, même si le monolinguisme n’y a jamais entièrement existé. Depuis 1803, la Louisiane appartient aux Etats-Unis où la langue anglaise prédomine, mais il reste encore entre quelques milliers de locuteurs francophones. Ils sont cajuns et créoles. Les cajuns sont originaires d’Acadie, ils parlent le français cadien et la population créole est la première génération des colons européens indigènes. Ces deux ethnies n’ont pas recours à la même variété de français et actuellement, l’anglais et le français langue étrangère (la variété enseignée est celle de Tours en Métropole) sont en train de faire disparaître petit à petit ces dialectes uniques au monde. En 1921, la Louisiane a interdit l’usage du français, sa stigmatisation a réduit son nombre de locuteurs francophones parce que les parents n’ont pas forcément transmis le français à leurs enfants. Mais en 1968, le français est à nouveau favorisé grâce à un changement de constitution de l’Etat. Cependant, la langue française qui est enseignée dans les écoles est la variété de la Métropole. Il s’agit davantage d’un apprentissage de la langue plutôt qu’un renforcement des variétés parlées sur le territoire. Actuellement, les variétés de français locales sont parlées au travail. Ceux qui les parlent (ils représentent 7% de la population de Louisaine) ont pour la plupart des tâches masculines liées à la chasse, leur image n’est pas très positive. Ces langues sont également parlées à la maison, en tant que langue de l’intimité et à l’église (des messes et le catéchisme peuvent être en français). Actuellement, des panneaux bilingues anglais/français sont présents dans l’Etat mais les variétés de français locales sont transmises oralement par les grands-parents aux petits-enfants. Même si des efforts sont faits pour le maintien des variétés de français locales, l’existence de ces dialectes pourra certainement être remise en question à l’avenir.

  1. b) Le français de la Nouvelle-Angleterre :

Le français de Nouvelle-Angleterre est une autre variété de français parlée aux Etats-Unis. Elle est principalement parlée par des locuteurs résidant dans le nord-est du pays : dans le New-Hampshire, Le Maine et le Vermont. L’annexe 2 présente des données chiffrées sur le nombre de locuteurs, c’est le Maine qui en a le plus avec 5,28% de sa population. Ces Etats sont proches du Canada et leur variété de français est proche des dialectes parlés de l’autre côté de la frontière. Les experts ont reconnu des éléments du français acadien et du français québécois dans cette variété parlée dans cette zone géographique. Les locuteurs sont des descendants de colons de la Nouvelle-France. Depuis 1987, le français, bien qu’étant une langue minoritaire, est « maintenu » grâce à des programmes bilingues où le FLE est enseigné.

  1. c) Le français du Missouri :

Le Missouri se trouve plus au centre du pays près de l’Arkansas et du Kansas, il est situé à côté de l’Illinois où se trouve aussi un petit nombre de locuteurs francophones. La variété de français qui y est parlée est connue sous le nom de Paw Paw French. Elle est utilisée par des locuteurs venus de la Nouvelle France à l’époque où elle avait été cédée au Royaume-Uni. Saint Louis, nom typiquement français en référence à Louis IX, est la deuxième plus grande ville de l’Etat. Actuellement, le Paw Paw French est sérieusement menacé de disparition.

3) Les immigrés francophones récents :

Le nombre de locuteurs du français d’Haïti est important parce que de nombreux Haïtiens ont immigré en Floride. De plus, de nombreux immigrés viennent de France, de Belgique, de Suisse et des pays francophones d’Afrique tous les ans. Les Français représentent 5% du total d’immigrés annuel.

Nous avons vu que le français constitue une des briques linguistiques du patrimoine historique américain. En revanche, son implantation trop faible et l’omniprésence de l’anglais et d’autres langues ne permettent pas à ces dialectes et ces créoles du français de se développer et de se maintenir dans la plupart des Etats, c’est pourquoi les variétés de français issues du patrimoine historique sont en voie de disparition. Le français est par conséquent une langue minoritaire aux Etats-Unis, elle n’est que la quatrième langue la plus parlée et elle est principalement maintenue en vie grâce à l’enseignement du FLE, qui ne permet pas aux variétés historiques de se renforcer et de survivre.

Mais quelle est la réelle place de l’enseignement du français langue étrangère dans le système d’éducation américain ? Et pourquoi ?

  1. II) La place du FLE et des langues dans le système éducatif américain :

Le sujet est complexe, c’est pourquoi une brève explication du système éducatif américain et une étude de la perception de l’enseignement des langues étrangères s’imposeront.

  • Le système éducatif américain :

Les Etats-Unis sont un pays composé de 50 Etats. Son système éducatif est décentralisé, c’est à dire que chaque Etat fédère un socle minimum commun des connaissances et chaque école décide de son propre programme d’éducation. Le département de l’Education des Etats-Unis est une branche centrale présente uniquement pour financer ce domaine dans tous les Etats du pays. Il investit 28% du budget mondial total consacré à l’éducation. L’enseignement y est fait en anglais sauf à Puerto Rico où il est fait en espagnol, c’est un choix de l’Etat. La plupart des élèves sont scolarisés dans le secteur public. L’éducation commence en pre-school où se rendent les enfants de 3 à 5 ans, ensuite ils fréquentent l’Elementary school jusqu’à l’âge de 11 ans. L’étape d’après est la Middle School jusqu’à l’âge de 14 ans, puis à partir de cet âge-là, les adolescents entrent en High School où ils restent jusqu’à l’âge de 18 ans. Quand les élèves veulent faire des études, ils vont dans un Community College (pendant deux ans) ou font des études plus longues à l’université appelée College. (L’annexe 3 présente un tableau qui compare les systèmes américain et français). A première vue, le système éducatif semble homogène, mais ce n’est absolument pas le cas. Chaque école est considérée comme bonne ou moins bonne selon les zones géographiques ; les codes postaux ont une valeur décisive. Les familles aisées s’installent où les écoles ont une bonne réputation. L’offre en langues étrangères dépend également de chaque école, pas uniquement de l’Etat. Certains Etats sont plus ouverts aux langues étrangères que d’autres, c’est le cas de l’Etat de New-York ou de la Californie. L’enseignement public est laïc. L’Establishment Clause du premier amendement de la Constitution du pays stipule qu’il n’existe pas de religion officielle aux Etats-Unis. Il y a, bien sûr, des écoles religieuses privées. En général, les Américains initient leur apprentissage d’une langue étrangère en High School et il dure entre 1 et 3 ans (même si dans certaines écoles, c’est possible de commencer dés la pre-school). Il est important de prendre en compte qu’apprendre une langue étrangère n’est pas toujours une matière obligatoire. Tout dépend des écoles et du programme choisi par celles-ci.

  • L’enseignement du français langue étrangère :

Le français a été la langue étrangère la plus enseignée aux Etats-Unis jusqu’en 1968. Depuis, son enseignement est en fort déclin, même s’il reste à la deuxième position des langues les plus enseignées dans le pays. La première langue étrangère apprise par les Américains actuellement est l’espagnol. En effet, la proximité géographique du Mexique et de l’Amérique Latine, la forte immigration de « Latinos » hispanophones, son attrait culturel, l’omniprésence de la langue dans certains Etats ont conforté l’enseignement de cette langue en milieu scolaire. En outre, certains pensent éventuellement travailler avec des Mexicains demandeurs de contrats avec les Américains. En 2009, 216 419 étudiants apprenaient le français à l’université alors que 864 986 étudiants apprenaient l’espagnol. La langue de Molière est par conséquent en claire perte de vitesse. Il y a une grande différence entre le monde rural et le monde urbain. Dans le monde rural, les occasions d’apprendre le français sont plus rares que dans les villes. De plus, il y a aussi une grande différence entre les zones considérées comme riches et les zones plus pauvres. Un public plus à l’aise financièrement et vivant dans une grande ville aura beaucoup plus l’occasion d’apprendre le français que les autres.

Il est important de noter qu’il y a souvent un seul professeur de français dans un lycée et le département de français cohabite souvent avec le département d’italien dans les universités. Il y a très peu de postes de professeurs de français dans le système éducatif secondaire et dans l’enseignement supérieur. Tous les professeurs de français subissent la pression des chefs d’établissement. Ils doivent atteindre un nombre d’élèves ou d’étudiants précis et s’ils n’arrivent pas à atteindre cet objectif, ils ferment les classes. Les professeurs de français à l’université font eux-mêmes la promotion de la langue française dans les lycées et pendant les sessions de « summer orientation » qui précèdent la rentrée universitaire. Les cours de français et les diplômes universitaires de français en tant que matière principale sont constamment menacés de disparaître.

Mais le sort du français dépend également de la perception de l’enseignement d’une langue étrangère en général dans le système public.

3) La perception de l’enseignement des langues étrangères en général aux Etats-Unis :

La perception européenne de l’apprentissage des langues étrangères et la perception américaine sont complétement différentes. Tout d’abord, il faut bien comprendre que géographiquement, les Américains sont quasiment coupés de toute variété linguistique. Les Etats-Unis ont la taille d’un continent entouré de l’Océan Atlantique et de l’Océan Pacifique. Au nord du pays, sur le territoire canadien, la langue dominante est l’anglais, même si le français est présent dans certaines provinces du sol canadien ; au sud du pays, se trouve le Mexique où ils parlent l’espagnol, première langue étrangère étudiée par les Américains. Il faut également prendre en compte qu’économiquement les Etats-Unis sont les plus puissants du continent et ils sont toujours parmi les plus puissants de la planète. De plus, leur langue principale est l’anglais, une des langues les plus étudiées et parlée dans le plus grand nombre de pays sur les cinq continents (voir l’annexe 5). La pression pour apprendre une nouvelle langue est donc moindre. Par ailleurs, l’intérêt des Américains pour en étudier une n’est pas très vif. En effet, très peu de citoyens possèdent un passeport (seulement 20% des étudiants) et sont ouverts au reste du monde. Beaucoup de jeunes ne veulent pas quitter les Etats-Unis et n’envisagent pas une carrière internationale. Tous ces facteurs impactent la manière dont sont traitées les langues étrangères par les écoles et par les apprenants eux-mêmes. Apprendre une langue est souvent perçu comme un luxe. Elles ne sont donc pas la priorité dans les programmes, elles sont souvent victimes de restrictions budgétaires, la qualité de leur enseignement est souvent médiocre et rien que le fait d’atteindre le niveau A1 ou A2 est vu comme une grande victoire pour les apprenants. Comme ils parlent déjà l’anglais, ils ne persévèrent pas parce qu’ils pensent qu’ils n’auront de toute façon pas de problème pour communiquer à l’étranger (s’ils y vont un jour), vue que pour eux, tout le monde est capable de s’exprimer en anglais. Par exemple, dans certaines universités, seul le fait de passer un mois en séjour linguistique dans un pays étranger peut apporter les crédits nécessaires en langue étrangère pour valider un BA d’économie. Seuls 27% des BA requièrent une qualification en langue étrangère. Et même si de plus en plus d’étudiants veulent étudier à l’étranger, encore très peu s’engagent à cause du coût des études en-dehors du pays et cela est aussi motivé par à un manque de reconnaissance de leurs acquis de l’étranger par certaines universités américaines strictes. Le but des étudiants est de trouver un travail et ils sont nombreux à penser qu’un diplôme en langue ne va pas les aider à avoir l’ascension sociale qu’ils souhaitent, surtout s’ils ne veulent pas forcément avoir une carrière axée sur l’international.

Cette perception des langues étrangères peut mettre les Américains en danger. De plus en plus de rapports alarmants sont rédigés (par exemple par le Committee for Economic Development et le NEA Research) sur le fait que les citoyens Américains ne sont absolument pas préparés pour communiquer et comprendre des cultures étrangères et ce, à l’heure de la mondialisation, les Asiatiques et les Européens sont bien meilleurs dans ces domaines. Seulement 18% des Américains affirment être aptes à s’exprimer dans une langue étrangère. Seuls 91% des High Schools donnent la possibilité à leurs élèves d’apprendre une nouvelle langue et il y a une grande pénurie de professeurs de langues en Elementary schools et en Middle schools. Au XXIème siècle, les compétences linguistiques sont plus que nécessaires, même aux Etats-Unis. En effet, les entreprises privées concluent des marchés avec des personnes du monde entier dans leur pays ou ailleurs, les diplomates sont amenés à communiquer en langues étrangères. Il peut y avoir des malentendus sérieux et des conflits graves à cause d’un manque de connaissances en interculturalité. Par conséquent, on peut dire que le système américain ne forme pas de manière adéquate les citoyens de demain et cela peut être néfaste pour l’avenir du pays. En 1957, le Président Eisenhower a signé la National Defense Education Act et a renforcé le budget des langues étrangères parce que la nation était en pleine Guerre Froide. Depuis cette époque, même après les attentats de 2001, il n’y a pas eu de pression gouvernementale assez forte pour raviver de manière significative l’intérêt pour l’apprentissage des langues étrangères. Par ailleurs, les professeurs de langues du primaire et du secondaire ne sont pas toujours formés pour enseigner la ou les cultures de la langue qu’ils enseignent. Peu d’entre eux ont séjourné dans le pays concerné ; ceux qui l’ont fait n’y sont pas restés assez longtemps et n’ont souvent que des connaissances culturelles superficielles. Les examens pour enseigner les langues n’exigent pas de grandes connaissances sur l’international, ce qui peut être problématique dans ce contexte de mondialisation. En outre, il y a un grand manque de professeurs de langues dans le système scolaire depuis que Ronald Reagan a imposé des quotas concernant l’embauche des professeurs issus des minorités : La loi Affirmative Action de 1986. Enfin, au sein du même pays, la formation des professeurs est différente d’un Etat à l’autre. Par conséquent, un enseignant du secondaire du Texas, par exemple, n’est pas certifié pour enseigner sa matière en Californie s’il décide de déménager.

Nous avons pu relever que le français était en perte de vitesse par rapport à l’espagnol aux Etats-Unis, mais qu’il était encore la deuxième langue la plus enseignée dans le pays (annexe 4). Nous avons également vu que l’enseignement des langues étrangères n’était pas une priorité pour la plupart des écoles qui ont une grande autonomie sur les programmes. En outre, il y a un manque de professeurs bien certifiés pour enseigner l’interculturalité pour former les citoyens issus d’une économie basée sur la mondialisation. En outre, l’apprentissage souvent trop tardif et de courte durée ne permet pas aux apprenants d’être autonomes dans une langue étrangère. Seuls les apprenants issus de familles plus aisées et de grandes villes ont accès à une meilleure éducation linguistique et à d’éventuelles études à l’étranger pour conforter leurs compétences linguistiques et culturelles. Si le système continue ainsi, le clivage entre les riches et les pauvres va devenir encore plus important et cela peut même mettre le pays en danger, dans le sens où apprendre une langue étrangère permet d’être ouvert à d’autres horizons et aux réalités culturelles du monde. On pourrait se demander quelle image à la langue française et si le français est en déclin dans tous les secteurs.

III) L’image du français et son importance dans le secteur privé :

Les clichés sur un pays et une langue sont fondamentaux et décisifs. Chaque individu aura sa propre perception et sera plus ou moins attiré par une langue, une culture. Indirectement, ces clichés, souvent basés sur peu de choses, ont une incidence économique à ne pas négliger.

  • L’image du français pour les Américains :
  1. a) Les aspects négatifs du français :

Etant donné la position géographique éloignée de la France, l’apprentissage du français, même s’il est parlé sur le territoire et le continent américains n’est pas une priorité pour la plupart des gens. En effet, même si le français est la cinquième langue la plus parlée dans le monde et est pratiqué dans de nombreux pays francophones, le rayonnement économique de la France n’est plus ce qu’il était donc cette langue n’est plus très utile pour conclure des marchés. De plus, la plupart des Francophones apprennent l’anglais ou engagent des interprètes pour communiquer. Par ailleurs, la variété de français qui est enseignée aux Etats-Unis est la variété de la Métropole, or, géographiquement, les provinces francophones du Canada et les Caraïbes sont plus proches. Par exemple, la variété canadienne qui est parlée au Québec, peut être déstabilisante pour un Américain qui veut pratiquer ses compétences linguistiques sur son propre continent. Le français est souvent perçu comme une langue exotique. Il est quasiment impossible d’entendre cette langue si on ne fait pas l’effort de l’entendre et de la pratiquer même si dans le pays, il existe une presse, des radios et une vie culturelle francophone. De plus, il faut noter que le nombre d’ouvrages traduits du français à l’anglais est moindre comparé à l’inverse, il y a donc une perte culturelle importante dont les Américains n’ont pas conscience. Enfin, l’environnement médiatique n’est pas toujours favorable à la France et à sa culture. De nombreux journalistes du New York Times, journal très lu dans l’ensemble des Etats-Unis, dévalorisent et interprètent mal des valeurs françaises et montrent régulièrement la France comme un pays arriéré. Mais malgré tout cela, de nombreux Américains aiment encore la France et sa langue.

  1. b) Les aspects positifs du français :

Le français a encore la côte auprès d’un certain public d’élites qui n’a pas oublié le passé glorieux et riche de la France et qui est intéressé par la langue de la diplomatie, de la culture, de la mode et de l’amour. Les amoureux de la langue française aiment ses sonorités, son côté sophistiqué et le style de vie « à la française ». Il est important de noter que cette représentation de la culture française est très stéréotypée. Elle est le fruit d’un marketing élaboré dans les films comme Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, la mode et les publicités de produits de luxe. (voir le témoignage annexe 6).

Donc, le français est vu comme un luxe et une langue prestigieuse. En général, il est davantage vu comme une langue qui sert à voyager confortablement sur le Vieux Continent que pour avoir un bon poste dans une entreprise américaine privée, même si cette langue peut ouvrir des portes dans de nombreux secteurs. Par exemple, l’entreprise française Louis Vuitton dispose de plusieurs usines de production dans le sud de la Californie (j’y ai enseigné l’espagnol et le français à une partie de leurs employés). Les hauts dirigeants sont des Français qui travaillent régulièrement avec les usines en France. Les stylistes et les managers doivent être capables de communiquer lors des vidéoconférences avec les dirigeants en France et lors des visites des usines françaises. En même temps, ces mêmes managers doivent également apprendre l’espagnol parce qu’ils doivent diriger la main d’œuvre peu qualifiée, majoritairement hispanophone, en provenance du Mexique. Dans ce contexte, le français est une langue plus prestigieuse que l’espagnol parce qu’il permet de communiquer avec les hauts-dirigeants tandis que l’espagnol a une image plus négative parce qu’il permet de communiquer uniquement avec le personnel subalterne.

Par ailleurs, parmi les élites, le cinéma français est vu comme intellectuel. Des films en français sont aux programmes de nombreux cinémas indépendants et des festivals du film français sont régulièrement organisés en Californie.

Ce sont les amoureux de la culture et un public aisé qui sont intéressés par la langue française pour l’éducation de leurs enfants mais aussi pour leur propre culture générale.

  • Le français en force dans le secteur privé et les Alliances Françaises : 
  1. Le succès grandissant des écoles bilingues privées :

Les familles aisées sont très motivées par les programmes d’immersion à l’étranger ou les programmes bilingues que proposent de plus en plus d’écoles privées dans les grandes villes des Etats-Unis et ce, dès la pre-school. Elles sont motivées pour leurs enfants. Elles veulent qu’ils apprennent une langue prestigieuse et en même temps, elles ont compris, grâce à une bonne stratégie de promotion de la langue française, que le fait de maîtriser une langue étrangère n’est que positif pour leur développement cognitif, par conséquent, ils auront plus de facilités à assimiler d’autres enseignements. Les écoles qui proposent une éducation bilingue aussi reconnue en France qu’aux Etats-Unis sont prisées et très onéreuses. Une école bilingue comme le Lycée Français de Los Angeles propose une éducation de la première année de maternelle au baccalauréat. Les professeurs de ces établissements sont souvent issus de l’Education Nationale. Le programme propose le meilleur des programmes américains et français. Les enfants qui fréquentent ce type d’établissements sont issus de familles d’expatriés ou de familles américaines aisées et ouvertes sur le monde.

  1. L’importance de la qualité de la promotion de la langue française par les professionnels du français :

Les directeurs d’écoles bilingues, les professeurs de français ou les chefs de programmes essaient de trouver des arguments économiques concrets pour motiver les Américains à étudier la langue de Molière. Tout d’abord, ils expliquent qu’apprendre le français ne se fait pas uniquement dans le but parler le français. En effet, quand on apprend une langue, on acquiert d’autres qualités clés pour certaines entreprises privées : une sensibilité, une ouverture d’esprit sur la diversité des peuples et des autres cultures, ainsi que des compétences d’adaptation qui sont très prisées. Par exemple, l’entreprise de téléphone nationale AT&T a tendance à engager des commerciaux diplômés en français à cause de toutes ces qualités et parce qu’ils doivent gérer des clients de communautés diverses. Les Etats-Unis sont composés d’ethnies et de communautés variées qu’il faut pouvoir gérer avec subtilité, sans qu’il y ait de conflits. De plus, avoir un diplôme universitaire en langue et littérature étrangères permet d’avoir un excellent salaire de départ dans tous les types d’entreprises locales américaines (voir annexe 7). Dans ce contexte américain particulier, les écoles doivent préparer une stratégie de promotion de la langue française, face à l’espagnol, certes, mais aussi pour que les élèves qui ont déjà des connaissances en français continuent d’étudier cette langue ou pour obtenir un double-diplôme.

  1. L’Alliance Française :

Les adultes aisés sont eux-mêmes intéressées par la langue et la culture françaises. Ces personnes participent aux cours à l’Alliance Française parce qu’elles les jugent élégantes. Elles pensent qu’elle est impliquée dans tout ce qui est profondément culturel et classieux : la littérature, le cinéma, le vin, la gastronomie… En général, les personnes qui s’inscrivent à l’Alliance Française le font pour pouvoir vivre « leur rêve français » un jour. En revanche, ce public a tendance à prendre les cours comme une simple activité de loisir. Il s’engage sans s’engager. Plus on avance dans les niveaux, plus la fréquentation chute, car rares sont les personnes qui sont prêtes à s’investir sur le long terme. Elles ont tendance à arrêter les cours au milieu du niveau A1 ou au niveau A2, comme si elles avaient déjà atteint leurs objectifs linguistiques. Le public américain est particulier parce que très peu de personnes ont ce qu’on peut appeler  « la fibre linguistique », si naturelle parfois chez les apprenants européens, beaucoup plus en contact avec des langues étrangères pour des raisons géographiques et économiques. Les Américains ont souvent des problèmes de prononciation et ils n’ont aucune base en grammaire au début de leur apprentissage. Les adolescents et les enfants sont également inscrits à l’Alliance Française parce que les parents veulent que leurs progénitures atteignent un bon niveau de français, langue de la culture, qui va les préparer cognitivement à la maîtrise d’autres matières. Les enfants d’expatriés suivent aussi des cours mais dans leur cas, c’est davantage pour apprendre à lire et écrire alors qu’ils parlent déjà le français à la maison. Il y a plus d’une centaine d’Alliance Françaises aux Etats-Unis (l’annexe 7 montre la répartition des Alliances Françaises dans le pays), elles ont encore cette image prestigieuse et les inscriptions au DELF ou au DELF Prim sont importantes dans certains secteurs aisés. Les manuels les plus utilisés pour les adultes sont la série Alter Ego + qui épouse les principes de l’approche actionnelle.

Nous avons pu voir que la langue française a une image négative ou positive selon le type de personnes, mais que ses côtés positifs étaient encore assez prestigieux pour motiver les étudiants, les familles aisées à prendre des cours de français et à inscrire leurs enfants dans des écoles privées onéreuses en pleine expansion dans les grandes villes américaines comme New-York, San Francisco ou Los Angeles. De plus, nous avons vu que la promotion de la langue française et des conséquences positives de son apprentissage était nécessaire pour motiver les populations intéressées.

***

Conclusion générale :

La question que l’on se posait au départ était : quel est le statut du français aux Etats-Unis et quelle est sa place dans l’enseignement des langues étrangères ?

Après avoir étudié la situation, nous pouvons répondre que malgré sa présence éparse sur le territoire étatsunien pour des raisons historiques et d’immigration, la langue française est une langue minoritaire dans le pays. Ses variétés de français et ses créoles sont très sérieusement menacés à cause de son petit nombre de locuteurs et à cause de l’omniprésence de l’anglais et paradoxalement parfois, à cause de l’enseignement du FLE. En effet, la variété enseignée dans les cours de français langue étrangère n’apporte pas un renforcement des variétés mais l’ajout d’une autre variété provenant de France. La faible présence du français aux Etats-Unis fait qu’il est considéré comme une langue étrangère par la plupart des habitants.

Nous avons noté que le français était en déclin depuis 1968, largement dépassé par l’espagnol dans l’offre et le choix linguistique des Américains. Cependant, il est encore classé en deuxième position des langues les plus étudiées dans le pays.

Le système éducatif américain public, utilisé par 90% des élèves, est très décentralisé, chaque école fait son propre programme, et les langues étrangères ne sont pas toujours une priorité. En fait, elles sont souvent négligées pour des raisons budgétaires, par une pénurie d’enseignants certifiés ou par choix liés à la puissance économique des Etats-Unis sur la planète et sa position géographique, assez éloignée des variétés culturelles et linguistiques du reste du monde. Peu d’Américains ont un passeport et s’intéressent à d’autres pays et à d’autres langues. Seules les populations les plus aisées habitant dans les banlieues des plus grandes villes du pays ont cette ambition. De plus, comme l’anglais est une des langues les plus étudiées et parlées sur la planète, les autres langues ont tendance à être négligées. Elles sont souvent facultatives, apprises tardivement et sur le court-terme, par conséquent, les Américains ont peu de chance d’atteindre un bon niveau linguistique en suivant les programmes du système éducatif. Des rapports montrent qu’à cause d’une pénurie de linguistes américains, l’avenir du pays serait en danger. Il ne serait pas assez ouvert sur les cultures du monde, ce qui peut provoquer l’incompréhension et des conflits. En outre, dans un contexte de mondialisation, même si l’anglais est une langue forte qui sert de lingua franca la plupart du temps, d’autres langues restent pertinentes pour des raisons diplomatiques et économiques.

Le français est en déclin, certes, mais il reste une langue forte pour certains secteurs économiques comme l’industrie du luxe, des entreprises nationales soucieuses du bon traitement de leur clientèle multiculturelle et pour un public d’élites. Son image est encore si prestigieuse que les personnes des milieux aisés sont prêtes à dépenser des fortunes pour avoir un programme bilingue pour leurs enfants ou pour prendre des cours de français pour elles-mêmes. Le français est considéré comme un luxe, une langue de culture qui a une côte en pleine extension dans le secteur privé aux Etats-Unis.

On pourrait se demander si le français en tant que langue étrangère d’enseignement pourra garder sa deuxième position longtemps à l’avenir ou si d’autres langues risquent de le détrôner. 

Annexes :

Annexe 1 :

Les Etats où la langue française est présente en tant que langue minoritaire (en bleu) :

La langue française a des locuteurs dans 15 comtés des Etats-Unis.

Source: http://www.slate.fr/monde/76612/francais-langue-comtes-americains

 Annexe 2 :

Tableau chiffré du nombre de locuteurs francophones en dans l’est des Etats-Unis :

État Nombre de francophones En pourcentage de la population
Maine3 63 640 5.28% de la population du Maine
New Hampshire4 39 551 3.14% de la population du New Hampshire
Vermont5 14 624 2.54% de la population du Vermont

Nombre de locuteurs francophones en Nouvelle-Angleterre.

Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ais_de_Nouvelle-Angleterre

 Annexe 3 :

Comparaison du système éducatif américain public et du système scolaire français :

Source : http://immigrechoisi.com/comprendre-le-systeme-universitaire/13/

Annexe 4 :

Tableau chiffré des langues étrangères les plus étudiées aux Etats-Unis ainsi que leurs pourcentages d’inscription dans les universités du pays :

Language Fall 2013
enrollments
% change
from 2009
Fall 2009
enrollments
% change
from 2006
Fall 2006
enrollments
% change
from 2002
 
 1. Spanish 790,756 -8.2% 864,986 5.1% 822,985  10.3%  
 2. French 197,757 -8.1 216,419 4.8 206,426   2.2  
 3. American Sign Language 109,577 19.0 96,349 2.2 94,264   3.5  
 4. German 86,700 -9.3 91,763 16.4 78,829  29.7  
 5. Italian 71,285 -11.3 80,752 3.0 78,368  22.6  
 6. Japanese 66,740 -7.8 73,434 10.3 66,605  27.5  
 7. Chinese 61,055 2.0 60,976 18.2 51,582  51.0  
 8. Arabic 32,286 -7.5 35,083 46.3 23,974  126.5  
 9. Latin 27,192 -16.2 32,606 1.3 32,191  7.9  
10. Russian 21,962 -17.9 26,883 8.2 24,845 3.9  

Source: The Modern Language Association of America.

Annexe 5:

Liste des langues les plus parlées dans le monde selon le nombre de pays où la langue est parlée:

Rank Language Number of countries Countries
1 English 54, plus 27 territories American Samoa (United States), Antigua and BarbudaAustraliaThe BahamasBarbadosBelizeBermuda (United Kingdom), Botswana,CameroonCanadaCook Islands (New Zealand), Curaçao (Netherlands), DominicaFijiGambiaGhanaGrenadaGuam (United States),GuyanaHong Kong (China), IndiaIrelandJamaicaKenyaKiribatiLesothoLiberiaMalawiMalaysiaMaltaMarshall IslandsMauritius,Federated States of MicronesiaNamibiaNauruNew ZealandNigeriaPakistanPalauPapua New GuineaPhilippinesRwandaSaint Kitts and NevisSaint LuciaSaint Vincent and the GrenadinesSamoaSan Andrés y Providencia (Colombia), SeychellesSierra Leone,SingaporeSint Maarten (Netherlands), Solomon IslandsSouth AfricaSouth SudanSudanSwazilandTanzaniaTongaTrinidad and TobagoTuvaluUgandaUnited KingdomUnited StatesU.S. Virgin Islands (United States), VanuatuZambiaZimbabwe.
2 French 38, plus 16 territories AlgeriaBelgiumBeninBurkina FasoBurundiCameroonCanadaCentral African RepublicChadComorosRepublic of the Congo,Democratic Republic of CongoCôte d’IvoireDjiboutiEquatorial GuineaFranceGabonGuineaHaitiLaosLebanonLuxembourg,MadagascarMaliMauritiusMonacoMoroccoNew Caledonia (France), NigerRwandaSenegalSeychellesSwitzerlandTogoTunisia,Vanuatu.
3 Arabic 27 AlgeriaBahrainChadComorosDjiboutiEgyptEritreaIraqIsraelJordanKuwaitLebanonLibyaMauritaniaMoroccoPalestine,OmanQatarSaudi ArabiaSomaliaSudanSyriaTunisiaUnited Arab EmiratesYemen.
4 Spanish 20, plus 1 territory ArgentinaBelizeBoliviaChileColombiaCosta RicaCubaDominican RepublicEcuadorEl SalvadorEquatorial GuineaGuatemala,HondurasMexicoNicaraguaPanamaParaguayPeruPuerto Rico (United States), SpainUruguayVenezuela.
5 Portuguese 9, plus 1 territory AngolaBrazilCape VerdeEquatorial GuineaGuinea-BissauMacauMozambiquePortugalSão Tomé and PríncipeTimor-LesteGoa(India).

Source:

http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_most_widely_spoken_languages_(by_number_of_countries

Annexe 6: Témoignage de Cathy, une Californienne de 34 ans, habitant à Seattle. Elle parle de son experience avec le français et de l’image qu’elle a de cette langue.

“J’ai grandi en Californie et à l’époque, je pense qu’il fallait suivre un cours de deux ans pour valider le lycée. J’ai commencé à prendre des cours de français en 7th grade (à l’âge de 12 ans), et j’ai étudié cette langue pendant 6 ans, soit jusqu’à la fin de mes études au lycée.

J’ai choisi le Français parce que j’ai toujours pensé que c’était une belle langue. Quand j’avais 6 ou 7 ans, j’avais un camarade de classe dont la mère était Française et quand j’en avais l’occasion, je lui demandais de me parler en français. De cette époque-là, je me souviens juste des mots « arbre » et « papillon », mais j’étais déjà accro à la langue française. Dans mon école, nous n’avions pas la possibilité d’apprendre cette langue dés l’école élémentaire, alors j’ai saisi la première occasion que j’ai eue plus tard. Même si, vivant en Californie, c’était plus pratique d’apprendre l’espagnol, je n’ai jamais eu d’intérêt pour cette langue parce que pour moi, le français, c’était une langue romantique, la langue de l’Amour et j’étais particulièrement réceptive à ça en tant que jeune fille!

Je pense que la langue française aura toujours l’image de l’Amour et de la beauté. C’est « la langue de l’Amour », n’est-ce pas? Je dois avouer que 80% des personnes qui suivaient les cours de français étaient des femmes. Je pense que cette langue représente également « la grande classe » et la sophistication. On ne peut pas être une vraie personne mondaine si on ne connait pas le français!”

Annexe 7:

Figure 1: Starting salaries for Class of 2014 liberal arts majors

Major Starting Salary
Foreign Languages and Literatures $46,900
English Language and Literature Letters $42,200
Liberal Arts and Sciences/General Studies $41,600
Political Science/Government $41,600
History $40,600
Psychology $37,900
Social Work $36,700
Sociology $36,300
Visual and Performing Arts $36,300
Criminal Justice and Corrections $36,200

Source: April 2014 Salary Survey, National Association of Colleges and Employers. All data are for bachelor’s degree graduates. 

Annexe 8 : Répartition géographique des Alliances Françaises aux Etats-Unis :

Elles sont présentes dans 45 Etats des Etats-Unis.

Source: http://alliance-us.org/

Bibliographie et sources :

Alliance Française aux Etats-Unis. Page d’accueil [en ligne]. Alliance Française Network, 17 mai 2015 [consulté le 18 mai 2015]. Disponible sur http://alliance-us.org/map/

Armengol, R et Carreira, M.C. 2001. Heritage languages in America: Preserving a national resource. McHenry, IL, and Washington, DC. . J. K. Peyton, D. A. Ranard, & S. McGinnis Editions.

Atschuler Glenn et Skorton David. America’s foreign language deficit [en ligne]. Forbes, 27 août 2012 [consulté le 13 mai 2015]. Disponible sur http://www.forbes.com/sites/collegeprose/2012/08/27/americas-foreign-language-deficit/

Committee for Economic Development. The Importance of international studies and foreign language education for US economic and national security [en ligne]. Education for global leadership. December 2006 [consulté le 10 mai 2015]. Disponible sur :

http://www.actfl.org/sites/default/files/pdfs/public/Finalreport.pdf

Deshedin Cécile. Les 15 comtés américains où le français est la deuxième langue [en ligne]. Slate.fr, 20 août 2013 [consulté le 15 mai 2015]. Disponible sur : http://www.slate.fr/monde/76612/francais-langue-comtes-americains

NACE. Class of 2014 : Top-paid Liberal Art Majors [en ligne]. NACE. 29 mai 2014 [consulté le 25 mai 2015]. Disponible sur : : http://www.naceweb.org/s05142014/top-paid-liberal-arts-grad.aspx#sthash.Twm8k6Fx.dpuf

NEA Research. The Benefits of second language study [en ligne]. NEA Research, 7 décembre 2007 [consulté le 11 mai 2015]. Disponible sur :

http://www.ncssfl.org/papers/BenefitsSecondLanguageStudyNEA.pdf

Néo. Comprendre le système universitaire américain [en ligne]. Immigré choisi. 6 septembre 2009 [consulté le 10 mai 2015]. Disponible sur : http://immigrechoisi.com/comprendre-le-systeme-universitaire/13/

Sanda Golcea. The most useful foreign languages for English speakers [en ligne]. Business Insider Inc. 13 novembre 2014 [consulté le 14 mai 2015]. Disponible sur : http://www.businessinsider.com/useful-foreign-languages-for-english-speakers-2014-11

Straight H Stephen. But where does that leave French ? [en ligne]. Inside Higher Ed. 5 mai 2008 [consulté le 15 mai 2015] Disponible sur : https://www.insidehighered.com/views/2008/05/05/straight

The modern language association of America. Most studied foreign languages in the US [en ligne]. Pearson Education, 17 mai 2015 [consulté le 17 mai 2015]. Disponible sur http://www.infoplease.com/ipa/A0905275.html

Thompson Irene. Languages in the US educational system [en ligne]. AWL, 7 mars 2013 [consulté le 15 mai 2015]. Disponible sur http://aboutworldlanguages.com/us-schools

Wikipedia. Français de Nouvelle Angleterre [en ligne]. Wikipedia Foundation Inc, 13 octobre 2014 [consulté le 15 mai 2015]. Disponible sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ais_de_Nouvelle-Angleterre

Wikipedia. French language in the United States (en ligne). Wikipedia Foundation Inc, 12 mai 2015 (consulté le 15 mai 2015). Disponible sur http://en.wikipedia.org/wiki/French_language_in_the_United_States

Wikipedia. Language Education by region [en ligne]. Wikipedia Foundation Inc, 11 avril 2015 [consulté le 15 mai 2015]. Disponible sur http://en.wikipedia.org/wiki/Language_education_by_region#United_States

Wikipedia. List of most widely spoken languages (by number of countries) [en ligne]. Wikipedia Foundation Inc, 18 mai 2015 [consulté le 18 mai 2015]. Disponible sur http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_most_widely_spoken_languages_(by_number_of_countries)

Webinaire :

Durand Alain-Philippe. Comment promouvoir l’étude du français eux Etats-Unis (en milieu scolaire et universitaire).Webinaire organisé par l’Université de Franche-Comté. Depuis University of Arizona, 28 mai 2015.

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